
| MAURICE PIALAT : un cinéaste hors du commun Maurice Pialat est né à Cunlhat, un petit village du Puy de Dôme le 31 août 1925. Fils unique, il connaît une jeunesse plutôt triste. D'abord tenté par l'architecture - qu'il commencera même à étudier -, il suit finalement de 1942 à 1947, les cours des Arts Décoratifs et des Beaux-arts. Il est passionné par la peinture, mais pour gagner sa vie, il travaille comme Visiteur médical et comme représentant de commerce. Il s'initie au théâtre à partir de 1955. Il joue dans quelques pièces (Jules César, Les Albigeois, Marie Stuart), mais ne poursuivra guère dans ce registre d'acteur. En 1958 Maurice Pialat tourne son premier court-métrage professionnel. ."L'ombre familière" est l'histoire d'un couple se souvenant de la dernière journée passée avec un ami qui vient de se suicider? En1960, il devient assistant pour la télévision et le cinéma. Sa vie prend un tournant décisif. La même année, il réalise un premier court-métrage documentaire, "L'amour existe". Primé à Venise, le film est une critique sur l'urbanisme en région parisienne. L'année suivante, il réalise "Janine", d'après un scénario de Claude Berri. Maurice Pialat signe ensuite une série de documentaires (Jardins d'Arabie, 1963 ; "Pehlivan", "Istanbul", "Byzance", "Maître Galip", 1964) puis des courts-métrages pour les "Chroniques de France" (1965-66). Le cinéaste tourne en 1969, son premier long-métrage, "L'enfance nue".Coproduite par François Truffaut, l'œuvre raconte l'histoire d'un enfant de l'Assistance publique trouvant compréhension et réconfort auprès d'un vieux couple avant d'être envoyé dans un centre de redressement à la suite d'un accident de la circulation qu'il a provoqué. Le film remporte le prix Jean Vigo. Il est interprété par des non -professionnels jouant leur propre rôle. Maurice Pialat repasse à la télévision pour la réalisation des 7 épisodes de "La maison des bois", un feuilleton très au-dessus du niveau habituel du genre). Il retourne au cinéma avec "Nous ne vieillirons pas ensemble", qu'il signe en 1972. Il y dirige des comédiens populaires, Marlène Jobert et Jean Yanne et malgré sa dimension souvent documentaire, le film reste l'un de ses plus gros succès commerciaux. Suivront, "La gueule ouverte" (1974), film austère où il aborde le problème du cancer et de la mort. L'échec public de ce film conduit le cinéaste à repenser sa manière de filmer. En 1979 il réalise "Passe ton bac d'abord", qui raconte la vie au quotidien d'un groupe de lycéens de la région minière de Lens. Il enchaîne ensuite les succès. Réalisé en 1980, "Loulou" est l'histoire d'un amour sans lendemain. Isabelle Huppert et Gérard Depardieu y jouent l'un des meilleurs rôles de leur carrière. En 1983 Sandrine Bonnaire est l'adolescente de "À nos amours" vivant avec lucidité et une certaine amertume les effets de la libération sexuelle. L'œuvre reçoit le César un meilleur film français. En 1985 il dirige Gérard Depardieu, Sophie Marceau et Richard Anconina dans "Police", un film policier. Maurice Pialat dirige à nouveau Gérard Depardieu en 1987 dans "Sous le soleil de Satan", d'après Georges Bernanos. Le film obtient la Palme d'or au festival de Cannes, mais il est boudé par le public. Le cinéaste renoue avec le succès en 1990 avec "Van Gogh" où Jacques Dutronc joue le rôle du peintre. En 1995 le cinéaste tourne son dernier film "Le garçu" avec Gérard Depardieu, qui a été sa plus grande rencontre cinématographique. L'œuvre - «unique, bouleversante, anticonformiste, absurde et géniale» dira la critique -, est l'histoire d'un père un peu gauche qui voit grandir son fils dont le rôle est joue par le propre fils de Maurice Pialat. Le cinéaste cesse définitivement de tourner après ce film. Il meurt le 11 janvier 2003 à Paris. Dans une chronique qui lui a consacré la revue "La République des Lettres" en juin 2008, Michel Marx écrit : «Maurice Pialat a maintenu l'image d'un artiste incompris jusqu'à sa mort. Hostile face à un monde hostile, cinéaste du non-dit et du cri, éternel insatisfait, il nous reste l'image d'un cinéaste auteur d'une dizaine de chefs-d'oeuvre qui, recevant la Palme d'Or au Festival de Cannes 1987 pour "Sous le soleil de Satan", fait face aux sifflets, le poing dressé, lançant au public: "Si vous ne m'aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus". |
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