festival du film de la reunion
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Deux raisons nous ont incités à vous présenter une sélection de films indiens : d’abord, la présence dans notre île d’une forte communauté d’origine indienne ; ensuite, la vitalité du cinéma indien, le plus productif du monde. Les trois films présentés montreront l’évolution du cinéma en Inde : d’une part un Bollywood à succès, puis une alternative au Bollywood qui révèle le combat social mené en Inde, et de l’autre un cinéma émergeant qui met en avant la société indienne et nous dévoile ses racines. Milind Soman, qui a déjà participé au Festival, a accepté d’être notre guide pour nous familiariser avec le cinéma indien contemporain. La plage des Brisants accueille sa sélection.


Tingya (Marathi)
De Mangesh Hadawale
produit par Anita Rai, Anand Rai, Ravi Rai
Avec Sunil Deo, Sharad Goekar
Inde / comédie dramatique / coul. – 1h56 (35-mm)

Le fermier Karbhari (Sunil Deo), veut rembourser ses dettes avec sa prochaine récolte. Malheureusement, son buffle tombe dans un piège à léopard et se blesse gravement. Au village, un autre fermier s’est suicidé à cause de ses dettes. Karbhari ne voit pas d’autre solution que de vendre son buffle pour la boucherie. Mais son fils de sept ans, Tingya (Sharad Goekar) n’accepte pas du tout cette décision : il considère le buffle comme son frère, son ami de toujours. Il se bat de toutes ses forces pour sauver son buffle. Karbhari doit se décider entre la pression financière et l’affection de Tingya pour l’animal.

Iqbal (Hindi)
De Nagesh Kukunoor
(5ème long), produit par Subhash Ghai.
Avec Shreyas Talpade, Shweta Prasad, Girish Karnad, Kittu Gidwani, Naseeruddin Shah and Kapil Dev
Inde / comédie dramatique / coul. – 2h42 (35-mm)

Iqbal (Shreyas Talpade), a pour religion le cricket : il mange, boit, dort et rêve de cricket. Il rêve même d’intégrer un jour l’équipe nationale. Son père considère le cricket comme une immense perte de temps : il préfère qu’Iqbal vienne l’aider dans les champs et améliorer la situation financière familiale. C’est sans compter sur la détermination de son fils, et un ivrogne notoire (Naseeruddin Shah) qui deviendra le meilleur allié d’Iqbal.

OM SHANTI OM (Hindi)
De Farah Khan
(2ème long), grande chorégraphe de films de Bollywood
Avec Shahrukh Khan, Deepika Padukone, Arjun Rampal
Inde / Romantique / 2008 coul. – 3h05 (35-mm)
Dans les années 70 à Bollywood, le figurant de cinéma Om Prakash (Shahrukh Khan) rêve de gloire et de la grande actrice Shanti Priya (Deepika Padukone). Om déploie toute sa bonne humeur pour conquérir Shanti, elle-même amoureuse d’un jeune producteur aux sinistres intentions. Om et Shanti n’y survivent pas. Trente ans plus tard, Om Prakash renaît sous le nom de Om Kapoor, fils d'un grand producteur. Tout va bien pour lui jusqu’à ce que des visions viennent le hanter. Ces souvenirs de vie antérieure lui apprennent la véritable mort d’Om et Shanti. Il décide de se venger.

LES CHOIX D'UN AMBASSADEUR :

Bien le bonjour de l’Inde !

Merci beaucoup pour votre merveilleuse et chaleureuse invitation à cette nouvelle édition du festival du film de la Réunion.

Puisque je suis celui qui vous apporte les films indiens qui seront présentés, laissez moi l’occasion au début de chasser quelques idées reçues…

'Bollywood' n’est pas le ‘cinéma indien’

Contrairement à cette autre croyance occidentale, Bollywood n’est pas le plus grand distributeur de films dans le monde.. Bollywood n’est pas non plus un autre mot pour dire cinéma indien. Même si on les confond la plupart du temps, bien qu’il produise moins d’un quart des films faits dans notre pays.

Si on parle de linguistique, il y a plusieurs Indes. La constitution a compté 22 langues officielles; les dialectes et les autres langues parlées dans la rue se comptent par milliers. Il y a donc autant de cinémas.

Depuis que les frères Lumières ont introduit le cinématographe dans notre pays lors d’une projection privée dans un hôtel en 1896, près de 30 000 films indiens ont été realisés dans une soixantaine de langues. Etant donné la diversité de la population et le nombre important de langues maternelles, l’industrie cinématographique est prolifique.

Tout le sud de l’Inde a effectivement une industrie du cinema à part qui rend Bollywood (dont la langue est l’hindi) en comparaison ridicule. L’hindi est rarement parlé dans ces régions. Des fan clubs de stars de cinéma Tamoul, Telugu ou Kannada ( 3 langues différentes mais des productions majeures en Inde) sont en concurrence avec des populations de plusieurs nations. Certains de ces acteurs surfent sur cette vague du succés et obtiennent même leurs droits de passage aux postes les plus élevés de l’état indien.

Rajnikanth ou 'Rajni', la star des films Tamouls, est en fait l’acteur le mieux payé en Inde. La plupart des ministres de son état ont été soit des stars du cinéma, soit en quelque sorte liés au cinéma. Rajni, un héros de film d’action, est à lui seul une pointure politique, bien qu’il n’ait jamais participé à aucune élection. Ses fans pourraient voter par millions s’il était en faveur d’un candidat. Jusqu’à récemment, Rajni était aussi une sorte d’icône populaire au Japon. Même les indiens qui n’habitent pas le sud n’arrivent pas à comprendre entièrement l’impacte de ce cinéma sur le public.

Dans les endroits où l’Hindi est parlé couramment, Bollywood rencontre au fur et à mesure une compétition sévère avec les langues indigènes: que ce soit le Punjabi au nord de l’Inde, le Gujarati ou le Marathi dans l’ouest, voire le Bhojpuri et le Bengali dans l’est. La grammaire des principaux films régionaux n’est pas tellement différente de celle des films hindi commerciaux. Pourtant, chacun se donne une saveure particulière et un charme local, qui créent des liens avec la diaspora indienne.

La plus grande contribution des films de langue régionale est toutefois que certains auteurs ont en fait porté le cinema indien sur la scène internationale. Les films de Satyajit Ray ont rarement été visionnés dans les salles obscures en Inde en dehors du Bengal. Après 50 ans, ils ont été considérés comme les parfaits représentants du cinéma indien.

Le public de Venise, de Toronto, de Cannes et d’autres festivals de films vont vraisemblablement sélectionner les films d’ Adoor Gopalakrishnan ou de Shaji Karun en Malayalam, Jahnu Barua en Assamese, ou de Buddhadeb Dasgupta en Bengali. De vrais cinéphiles connaîtront certainement mieux les vieux maîtres indiens tels que Ritwik Ghatak ou Mrinal Sen.

Aucun de ceux-ci sont, ou n’ont été des réalisateurs 'Bollywood'. Ils n’ont jamais fait de films 'Bollywood'. Même Mani Kaul ou bien Shyam Benegal, bien qu’ils soient mieux connus parmi les critiques occidentaux en tant que réalisateurs de films hindis ne sont pas à proprement parlé des réalisateurs de 'Bollywood'. Ils représentent pourtant le cinéma de leur nation; leurs films représentent une réflexion axée sur leurs racines, leurs origines.

Dans les années 50, ou ce que l’on a appelé l’âge d’or des principaux films indiens, il n’était pas original qu’un réalisateur de films commerciaux couronnés de succès remporte l’allégeance d’un festival international. Les films de Guru Dutt, de V Shantaram ou bien de Bimal Roy, sont des cas d’études sérieuses à l’académie, tous deux sont acclamés à l’échelle internationale, et sont localement, des succès du box-office.

Quelque part dans les années 60, lorsque la couleur fit son entrée au cinéma, les principaux films indiens sont davantage devenus une source de divertissement rapide pour des personnes qui se réfugient dans l’imaginaire plutôt que l’expression d’une forme d’art. Bollywood, un terme plus récent, a apporté le financement du cinéma indien. Les soi-disants réalisateurs de maisons artistiques, la plupart des réalisateurs de films régionaux, ont par tradition établi sa respectabilité

Comme tous les divertissements où l’enjeu financier est important, 'Bollywood' suit souvent une formule de week end, ou de saisons passées, et vient à répétition appuyer voire deviner les goûts populaires. Un film à succès génère instantanément plusieurs clones de son propre cru, et bien plus par la suite. Il y a pourtant au moins cinq à dix films de qualité par an qui résistent à cette mutation filmique, qui sortent du lot, et qui restent dans la mémoire collective. Ce processus s’apparente à Hollywood.

Les 3 films que j’ai choisi pour cette édition du festival ont été très populaire en Inde .. Ils représentent 3 genres différents parmi tous ceux qui existent aujourd’hui en Inde .. Om Shanti Om est un vrai Bollywood et a pour vedette le très grand acteur Shah Rukh Khan dans le rôle principal.. Il a tous les ingrédients qui font de lui un grand Bollywood, et d’autres encore .. Dirigé par Farah Khan, son second film, il est l’un des bollywood qui a rencontré le plus de succès..
Iqbal, est aussi un film hindi, d’un style différent et représente la nouvelle vague du cinéma hindi, très commercial et populaire, il a reçu les éloges de la critique.
Tingya est un film réalisé dans l’une des langues régionales de l’Inde, le Marathi, son casting réduit et son budget fait de bouts de chandelles, lui a permis de se construire une réputation et de tracer la voie pour les films de langue régionale dans le coeur et dans l’esprit du public indien ...

Je suis heureux de présenter ces films au public réunionnais qui je suis sûr saura apprécier la liberté cinématographique avec laquelle ils ont été réalisés…bon divertissement!